Nombreux sont les chemins qui mènent à Compostelle…
Chemins de Saint-Jacques de Compostelle 2008 :
près de 125 200 pèlerins ont reçu la Compostela (certificat de pèlerinage), contre 2900 en 1987.

On peut aller à Santiago par le Camino Francés bien sûr mais aussi par de nombreux autres chemins tels : le Camino del Norte, le Camino de Bayona, la Via de la Plata, le Camino de Levante, le Caminho Portugués, le Camino de Madrid, le Camino de la Lana, le Camino du Surest, et bien d’autres encore !

50% des pèlerins partent de Saint-Jean-Pied-de-Port, les autres partent essentiellement en suivant l'un des chemins partant : du Puy, de Vézelay, de Tours ou d'Arles.
L
e Camino Francés, parce que "trop" médiatisé, est de plus en plus fréquenté. Par exemple, durant la première semaine de mai 2008, il a été pointé environ 400 pèlerins en une journée à Saint-Jean-Pied-de-Port ! Sachant qu’à Roncevaux, terme de l’étape suivante, l’accueil ne doit pas excéder les 150 lits me semble-t-il, que sont devenus les 250 malchanceux qui ne pûrent trouver refuge... Belorado, mi-mai de la même année ; cette petite ville qui peut accueillir environ 250 pèlerins, vît quasiment tous ses couchages occupés ; sachant qu’à San Juan de Ortega on ne compte qu’une centaine de places, je vous laisse imaginer la situation…
De plus en plus souvent en côtoie des pèlerins qui lèvent le camp dès 5h00 / 5h30 du matin pour se précipiter vers l’hébergement suivant afin d’y poser leur sac devant la porte du refuge qui pourtant n’ouvre que très rarement avant le milieu de l’après midi.
Que penser de leur attitude et dans quel état d’esprit cheminent-t-ils ? Sans parler de la gène subit par les pèlerins raisonnables qui espéraient dormir 1 ou 2 heures de plus…
Je reçois de plus en plus de témoignages de pèlerins déçus ou amers car pour eux, « faire » le chemin de Compostelle était un rêve, parfois un vœu, qui avait mûri depuis bien longtemps. Malheureusement, leurs souvenirs se sont trouvés ternis par l’attitude de malotrus qui n’ont même pas l’étique du randonneur et encore moins celle du pèlerin !
- "Le touriste exige, le pèlerin remercie..." Vous avez sûrement déjà lu cet adage dans les refuges, qu’en est-il réellement aujourd'hui, la question est posée…
Certes, suivre le Camino Francés revient moins cher que d’emprunter les autres chemins où les structures dédiées à l’accueil des pèlerins sont parfois moins nombreuses voire quasiment inexistantes. Bien sûr que les autres chemins peuvent s’avérer parfois moins bien balisés (encore que…) mais retrouver le goût de l'effort, mettre un peu d'aventure dans notre chemin, n'est-ce pas cela qui fait grandir ?
L’"assistanat aseptisé" proposé sur le Camino Francés a un prix, celui de la tranquillité. En effet, comment consacrer son chemin à la prière, comment faire un retour sur soi-même, comment trouver le temps d’admirer les paysages, les monuments, comment échanger avec les gens (partager la même langue n’est pas indispensable pour communiquer sur le chemin) si à tout "bout de chemin", on a l’esprit pollué par l’idée de la chasse au couchage ?
- Pour 2010 : Année Sainte, je crains le pire...
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Bien sûr ami pèlerin, il est facile de penser que je prêche pour ma paroisse et c’est un peu vrai, mais aimant tellement "l’esprit du cheminement vers Compostelle", j'espère être pardonné.
Si chaque année, je reprends mon bâton de pèlerin pour parcourir de nouveaux chemins, c'est bien sûr par plaisir mais c'est aussi avec l'espoir de les faire connaître…

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Bien que la tâche soit rude, qui sait, à force d’en parler, les habitudes changeront-elles et peut-être qu’un jour les pèlerins utiliseront les différents chemins mis à leur disposition. Malheureusement pour que cela arrive, il faudra aussi que mon appel parvienne jusqu’à nos associations jacquaires préférées, qui par ailleurs font un super travail bien sûr…

Amitié jacquaire
Gérard du Camino

Mise en ligne le 3 juillet 2009 et vous êtes le
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